Réflexions sur le programme Les filles ont leur place : sept questions pour Arissa Roy

Dans le cadre de l’initiative Les filles ont leur place de Plan International Canada, le CanSFE a accueilli Arissa Roy à l’équipe du CanSFE. Fondatrice du Project Power Global (PPG), une organisation dirigée par les jeunes qui lutte contre la pauvreté par le biais de l’éducation, Arissa a passé le mois de septembre 2021 à partager le rôle de chef de la direction avec Julia Anderson.

Cette expérience a permis à Arissa d’assister à des réunions, d’entrer en contact avec le personnel et de participer à des événements et activités tenus par le CanSFE et de son initiative, le Réseau Avenir égalitaire. Nous avons demandé à Arissa de revenir sur cette expérience. En répondant à sept questions, Arissa aborde l’importance des relations et de la collaboration ainsi que son expérience de travail au sein du CanSFE. En outre, elle prodigue des conseils et partage ses perspectives aux organisations mobilisant les jeunes.

En voici les faits saillants : 

  1. Créer des espaces pour une contribution égale des jeunes

En lui parlant des premières étapes de la mise en œuvre du programme Les filles ont leur place, l’idée de trouver un endroit qui entendait, reconnaissait et honorait la voix des jeunes, Arissa a repensé à sa première journée :

« Ce qui me rendait le plus fébrile était de pouvoir faire partie d’un monde où je n’étais pas simplement là pour voir que les jeunes étaient mobilisés. J’étais plutôt là parce que je pouvais contribuer à parts égales, autant que tout le monde autour de la table. Trop souvent, les jeunes sont utilisés de façon symbolique pour promouvoir la croissance d’une organisation. Je n’oublierai jamais à quel point le CanSFE m’a accueillie, me permettant toujours de m’exprimer, de faire des présentations, de prendre des notes et de poser des questions. »

  1. Le monde change. Le travail que nous faisons change avec lui.

En abordant les similarités entre le rôle de PDG du Project Power Global et celui de notre chef de la direction, Julia Anderson, Arissa a souligné l’expérience commune de travailler dans un monde qui change continuellement :

« Notre travail change et se transforme continuellement parce que le monde change et se transforme continuellement. C’est ce qui est beau. Vous pouvez avoir un objectif et une vision, mais ne craignez pas de modifier votre trajectoire selon ce qui doit être accompli et ce qui doit être changé. »

  1. Connaître la différence entre l’égalité et l’équité

Dans le cadre de la Semaine de l’égalité des sexes 2021, le Réseau Avenir égalitaire a invité de jeunes leaders et agent·es de changement, dont Arissa, pour une dynamique séance virtuelle afin de parler des principaux défis liés à la mobilisation importante des jeunes à l’échelle communautaire, régionale et nationale. Un compte-rendu de la séance est accessible ici.

« Je tenais à revenir sur une conversation que j’ai eue avec le Réseau Avenir égalitaire sur la différence entre l’égalité et l’équité. Je n’y avais jamais pensé, étant certaine que ces mots étaient interchangeables. En bref, nous avons parlé du fait que l’égalité est de s’assurer que tout le monde et que tout est égal. Mais l’équité est ce que nous devons viser, car elle cherche à rencontrer les gens là où ils sont. Lorsque vous êtes équitable, vous savez que tout le monde mérite la même chose, et vous ne craignez pas de travailler plus fort pour que certaines personnes puissent accéder à l’égalité. »

  1. Votre travail est plus important que le lieu où vous travaillez 

En tant qu’organisation entièrement virtuelle, le CanSFE a accueilli Arissa dans un espace de travail virtuel. Arissa a parlé de la façon dont cette réalité a remis en cause et élargi ses perceptions du milieu de travail :

« Avoir quatre murs et un toit ne veut pas vraiment rien dire, car le travail que vous faites, les liens que vous établissez, le temps et les efforts que vous consacrez ainsi que l’impact concret que vous avez sont beaucoup plus importants que tout espace physique qui pourrait être nécessaire pour exploiter une organisation. »

  1. Les relations et la collaboration sont à la base de l’impact

Demander de l’aide peut avoir différentes significations selon les différents contextes et les différents aspects de notre vie personnelle et professionnelle. Arissa a souligné comment les relations avec autrui peuvent contribuer à l’impact et à la croissance :

« Ne craignez pas de tendre la main et d’entrer en relation avec des personnes capables de vous aider dans votre mission. Lorsque nous avons l’ouverture de dire : « Je ne sais pas comment faire cela, pourriez-vous m’aider? Pourriez-vous m’enseigner comment? Pourriez-vous me le montrer? », l’impact que nous pouvons avoir est exceptionnel.

Ne craignez pas de demander de l’aide personnellement. J’ai suivi tant de formations sur la façon d’être une meilleure personne et une meilleure leader. Et grâce à Julia, j’ai appris des leçons extraordinaires et riches sur la façon de diriger le CanSFE et toute autre organisation. »

  1. Mobilisez les jeunes de façon significative et intentionnelle

« Si vous ne voulez pas que nous soyons là, s’il vous plaît, ne nous invitez pas. Ne perdez pas notre temps en nous invitant si vous ne voulez pas réellement nous écouter. »

En plus d’être la fondatrice et PDG du Project Power Global, Arissa est également activiste pour l’éducation des jeunes, autrice publiée, présidente du conseil d’administration d’Unsinkable Youth, et organisatrice des Fridays for Future Toronto. Arissa a abordé comment les jeunes peuvent partager leur expertise et leurs expériences vécues pour aider les gens et les organisations à comprendre le présent et à façonner l’avenir :

« Le fait d’être jeune ne signifie pas que nous n’avons pas autant de choses à apporter à la table. Nous avons grandi à l’âge des technologies. Nous avons traversé une pandémie mondiale qui se poursuit. C’est vrai, nous ne comprenons pas ce que vous avez vécu à l’époque, mais nous comprenons l’époque actuelle et nous savons ce dont nous aurons besoin dans le futur. Lorsque vous nous invitez, invitez-nous en sachant que nous sommes là pour contribuer autant que toute autre personne. »

Une des façons de le faire?

« Créez un groupe de jeunes en qui vous avez confiance pour connaître les perspectives des jeunes d’aujourd’hui et assurez-vous de ne pas les inviter à court terme seulement, mais plutôt à long terme, afin de leur donner la possibilité de grandir et de partager leur expérience globale et non seulement ponctuelle. »

Écoutez toute la conversation avec Arissa (en anglais seulement) : 

Aimeriez-vous entrer en contact avec Arissa? Cliquez ici pour la contacter sur LinkedIn et ici pour la contacter sur Instagram. Visitez cette page pour en savoir plus sur le Project Power Global.

Published:

août 12, 2022


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