Après des années de conflit et de déplacement, les familles qui reviennent chez elles devraient y trouver la sécurité, la stabilité et le réconfort de savoir qu’elles ont enfin un endroit bien à elles.
Pourtant, pour des milliers de familles de Deir ez-Zor, le retour à la maison est loin d’être aussi simple.
Des années de conflit ont gravement endommagé les habitations et les infrastructures, et perturbé les services essentiels. De retour dans leur communauté, de nombreuses familles constatent que leur maison n’est plus sûre ni habitable. Dans la ville de Deir ez-Zor, environ 80 % des bâtiments ont été endommagés ou détruits, tandis qu’à l’échelle du gouvernorat, quelque 50 000 habitations doivent être remises en état.
Pour les familles qui ont déjà été déplacées, qui vivent dans la pauvreté et qui ont un accès limité aux services de base, une habitation endommagée représente un obstacle de plus à surmonter pour rebâtir leur vie.
C’est dans ce contexte que Human Concern International (HCI), en partenariat avec The Big Heart Foundation, a lancé un projet de réfection des habitations dans le quartier d’Al-Hamidiya, à Deir ez-Zor, afin de redonner aux familles vulnérables un foyer sûr et digne.
Le projet prévoit la réfection de 150 habitations endommagées par le conflit, au profit d’environ 900 personnes, tout en contribuant au relèvement rapide et à un retour durable.
Cela dit, derrière chaque maison rénovée, il y a une famille et son histoire.
Pour Najaat Al-Baker et les siens, revenir chez soi, c’est avoir la possibilité de prendre un nouveau départ.
Avant le conflit, Najaat et sa famille menaient une vie modeste, mais stable. Son mari subvenait aux besoins de la famille grâce à des emplois journaliers. Puis, la guerre a tout changé.
Forcée de quitter son foyer, la famille a été déplacée à plusieurs reprises, allant d’un endroit à l’autre en quête de sécurité. Ces années d’incertitude ont eu de lourdes conséquences sur les plans physique, émotionnel et financier. Le mari de Najaat a été blessé lors d’une frappe aérienne, ce qui lui a laissé des séquelles permanentes à une jambe. Najaat a elle aussi connu d’importants problèmes de santé, et l’un de leurs fils souffre encore des conséquences d’une grave maladie contractée pendant son enfance.
La famille a également été confrontée au coût élevé et à la précarité des logements locatifs. Pendant ses déplacements, elle a régulièrement eu des problèmes avec les propriétaires et rencontré des difficultés liées aux locations à court terme.
Malgré les épreuves, Najaat et son mari ont toujours veillé à ce que leurs enfants puissent continuer d’aller à l’école, et n’ont jamais perdu l’espoir de pouvoir un jour rentrer chez eux.
La famille a fini par ne plus savoir où aller. Elle est alors retournée dans sa maison, très endommagée, où les conditions de vie étaient loin d’être sûres et adéquates.

La famille de Najaat a été sélectionnée pour recevoir un soutien en raison de sa vulnérabilité et du très mauvais état de sa maison. Le déplacement prolongé, les difficultés économiques, les problèmes de santé et le logement endommagé en ont fait une famille prioritaire pour les travaux de réfection.
Grâce au projet de réfection de logements de HCI, la famille a pu rester chez elle. Les travaux ont touché la structure, la maçonnerie, le plâtrage et les finitions, les planchers, les portes et les fenêtres, la plomberie et les installations sanitaires, l’électricité, l’étanchéité et la peinture. Ces efforts ont transformé la maison endommagée en un foyer sûr et habitable.
Pour Najaat, la réfection représentait bien plus qu’une réparation des murs et une remise en état des installations essentielles.
C’était la possibilité de tourner la page sur des années d’incertitude et de préparer le retour tant attendu de sa famille.
Sa maison est redevenue un foyer.


L’expérience de Najaat témoigne de la mission du programme de réfection de logements de HCI.
Le projet visait d’abord les ménages les plus vulnérables : les personnes de retour dans leur région, les familles touchées par le conflit, celles dirigées par une femme, celles qui comptent une personne âgée ou en situation de handicap, et les familles nombreuses. Chaque maison était évaluée sur le plan technique, pour s’assurer que les travaux permettraient d’y vivre de nouveau en toute sécurité.
Selon Najaat, la réfection de la maison profite à toute la famille.
Un logement sûr offre à ses enfants une plus grande stabilité et leur permet de poursuivre leur scolarité. Pour Najaat et son mari, c’est aussi l’occasion de retrouver ce qui leur manquait depuis des années, soit une certaine tranquillité d’esprit.
Najaat résume simplement ce qu’elle ressent : « Aujourd’hui, grâce à votre soutien, nous pouvons enfin rentrer à la maison et laisser derrière nous ces années difficiles. »
Son mari espère que la poursuite des travaux de réfection des maisons endommagées permettra à davantage de familles déplacées de rentrer chez elles en toute sécurité. Il espère aussi que ces travaux créeront des emplois pour la population locale et contribueront au relèvement de Deir ez-Zor.
Réparer les murs, rebâtir des vies
L’histoire de Najaat est celle de nombreuses familles qui tentent de rebâtir leur vie après des années de conflit.
Une maison endommagée, ce n’est pas seulement des murs à réparer. Pour les enfants, c’est de l’incertitude; pour les parents, des difficultés financières. C’est aussi ce qui empêche bien des familles déplacées de rentrer chez elles.
Remettre une maison en état peut tout changer
Cela offre aux enfants un endroit sûr où grandir et apprendre, permet aux parents d’offrir à leur famille un milieu de vie stable, dans la dignité, et redonne aux familles de retour chez elles la confiance de croire qu’un nouveau départ est possible.
Le projet de réfection des maisons à Deir ez-Zor ne se résume donc pas à des travaux de construction. Il contribue, plus largement, à permettre aux familles de rentrer chez elles en toute sécurité, à accélérer le relèvement et à renforcer la résilience des communautés.
Le parcours de Najaat nous rappelle que le relèvement est un long processus.
Parfois, il commence par des choses aussi fondamentales qu’une porte qui ferme bien, une maison fonctionnelle et une famille qui peut de nouveau dire :
« C’est chez nous. »
C’est à partir de là que l’espoir peut renaître.
Publié:
10 septembre 2026
Auteur:
By Soniya Warraich | Senior Programs Officer, Emergency Relief, Human Concern International (HCI)
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