Le CanSFE salue l’engagement du G7 en faveur de la réforme du financement du développement et appelle à maintenir la santé et le développement humain au cœur des priorités

OTTAWA, 18 juin 2026 — Le Partenariat canadien pour la santé des femmes et des enfants (CanSFE) se réjouit de la Déclaration des chefs d’État et de gouvernement sur des partenariats internationaux mutuellement bénéfiques qui intervient à un moment charnière pour la coopération mondiale.

À un moment où les budgets consacrés à l’aide internationale font l’objet de compressions, la réaffirmation par le G7 du rôle stratégique de l’aide publique au développement à des conditions favorables revêt une importance particulière. La déclaration reconnaît également ce que le CanSFE et ses membres savent depuis longtemps : la santé, l’éducation, le développement de la petite enfance, la nutrition, les systèmes alimentaires ainsi que les droits et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles sont essentiels au développement et à la croissance économique.

Au moment de mettre en œuvre les engagements énoncés dans leur déclaration, les dirigeants du G7 doivent veiller à ce que la réforme du financement du développement continue de placer les populations, l’équité, les droits et le développement humain au cœur des priorités. Pour déterminer si ces partenariats sont véritablement mutuellement bénéfiques, il ne suffit pas de considérer les capitaux qu’ils mobilisent. Il faut également examiner leur capacité à renforcer les systèmes, à améliorer les conditions de vie et à rejoindre les populations les plus à risque d’être laissées pour compte.

La santé ne peut être dissociée de la prospérité, de la résilience ou de la croissance économique de tous; elle en est l’un des fondements. Elle est d’ailleurs l’un des exemples les plus éloquents d’un partenariat véritablement mutuellement bénéfique. Les investissements dans la santé et les droits sexuels et reproductifs (SDSR), la santé maternelle, néonatale et infantile, la nutrition, la vaccination, les soins de santé primaires et les services communautaires permettent de sauver des vies, de renforcer les systèmes de santé publique et de favoriser la stabilité économique et sociale à long terme.

Les capitaux privés, le financement mixte, les institutions financières de développement et les banques multilatérales de développement ont tous un rôle essentiel à jouer pour soutenir le développement durable. Toutefois, ces outils ne sont pas interchangeables. La réforme du système de financement du développement ne doit pas se faire au détriment du développement humain. Elle doit permettre de mobiliser les outils financiers les mieux adaptés aux objectifs, tout en préservant les subventions et les ressources financières accordées à des conditions favorables là où elles sont le plus nécessaires.

La question de l’utilisation plus stratégique des ressources accordées à des conditions favorables est légitime et importante. Toutefois, une approche dite « stratégique » ne peut se résumer à réduire les montants disponibles, à accroître l’effet de levier ou à transférer les risques aux pays dont l’espace budgétaire est le plus limité. Une utilisation véritablement stratégique de ces ressources doit permettre de préserver les investissements qui rejoignent les populations les plus marginalisées, répondent aux besoins les plus urgents et génèrent les retombées les plus importantes en matière de développement humain.

L’importance qu’accorde la déclaration à la viabilité de la dette et à la mobilisation des ressources nationales mérite également d’être soulignée. Dans de nombreux pays partenaires, le poids du service de la dette limite les investissements dans la santé, l’éducation, la nutrition et la protection sociale. Si le G7 est véritablement déterminé à renforcer la résilience et l’appropriation nationale, la viabilité de la dette, l’espace budgétaire et la prestation des services publics doivent être abordés comme des enjeux interdépendants.

Le renforcement des systèmes fiscaux et l’accroissement du financement intérieur sont essentiels à la viabilité à long terme. Toutefois, ils ne sauraient se substituer à un financement public international prévisible, particulièrement dans les pays les moins développés, les contextes fragiles et les communautés touchées par les conflits, les chocs climatiques et les crises humanitaires.

Un véritable partenariat doit également dépasser les modèles obsolètes de type donateur-bénéficiaire qui, trop souvent, perpétuent des rapports de pouvoir inégaux. La réforme du financement du développement ne devrait pas être imposée aux pays ou aux communautés, mais élaborée avec eux. Cela suppose une prise de décision commune, un partage des risques, une responsabilisation mutuelle ainsi qu’une participation réelle des acteurs des pays partenaires, notamment les gouvernements, les organisations de la société civile, les jeunes, le personnel de santé de première ligne et les communautés les plus touchées par ces décisions.

Tout programme de réforme crédible doit également tenir compte des conséquences de l’intensification des conflits et de la violence qui perdure en toute impunité. Partout dans le monde, les conflits et la violence politique dévastent les systèmes de santé, perturbent l’accès aux services essentiels et mettent gravement en danger les populations civiles, le personnel de santé et le personnel humanitaire. Les initiatives visant à renforcer la résilience et à promouvoir la prospérité partagée doivent aussi s’accompagner de mesures soutenues pour prévenir et réduire les conflits, protéger les populations civiles et veiller au respect du droit international humanitaire.

Le Canada possède une réelle crédibilité dans ce débat. La santé mondiale, notamment la SDSR, la santé maternelle et infantile, la nutrition, la vaccination et les soins communautaires, est l’un des domaines où son expertise, ses partenariats et sa contribution sont les plus reconnus.

Alors que le Canada et ses partenaires du G7 poursuivent cette ambitieuse réforme du financement du développement, le CanSFE demeure déterminé à collaborer avec les gouvernements, la société civile et ses partenaires internationaux afin que cette réforme se traduise par des retombées concrètes là où elles sont le plus nécessaires : le renforcement des systèmes de santé, des communautés en meilleure santé et un meilleur avenir pour les femmes, les enfants et les jeunes partout dans le monde. 

À propos du CanSFE

Le Partenariat canadien pour la santé des femmes et des enfants (CanSFE) est une coalition de plus de 110 organisations canadiennes qui travaillent à l’échelle mondiale pour améliorer la santé et les droits des femmes, des enfants et des adolescentes et adolescents. Le CanSFE rassemble les personnes, les idées et les ressources nécessaires pour relever des défis en santé mondiale qu’aucune organisation ne peut relever à elle seule. Il accroît la contribution collective des organisations canadiennes à la santé mondiale et à l’égalité des genres en mettant à leur disposition les ressources, les données probantes et les partenariats dont elles ont besoin pour aller plus loin.

Relations avec les médias

Amber St. Louis, CanSFE

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Publié:

18 juin 2026


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