Le pouvoir d’un partenariat : rectifier les 3 retards en Éthiopie

Lors de ma dernière visite en Éthiopie, j’ai observé les touristes envahir la ville de Lalibela dans le nord de l’Éthiopie, pour visiter ses fameuses églises rupestres et pour célébrer le festival de Timket (épiphanie). Je ne pouvais m’empêcher d’être frappée par le contraste entre le voyage en vol direct et en autocar nolisé et le travail de mes partenaires et moi qui analysons les défis qu’affrontent les femmes pour accéder à un centre de santé afin d’y accoucher. Certaines des femmes que j’ai rencontrées m’ont dit qu’il fallait parfois jusqu’à quatre heures pour traverser le terrain accidenté et arriver au centre de santé. Elles parcouraient la distance à pied ou sur une civière transportée par des parents et des voisins.

La difficulté d’atteindre un centre de santé est l’un des trois retards qui font partie des principaux obstacles que doivent surmonter les femmes pour prévenir le décès durant la grossesse et l’accouchement. Les deux autres obstacles d’égale importance sont le retard dans la décision d’obtenir des soins et le retard avant la réception de soins adéquats lors de l’arrivée à l’établissement.

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) travaille avec la Société des obstétriciens et gynécologues de l’Éthiopie (SOGE) sur le projet Women and Their Children’s Health (WATCH). Ce projet, appliqué en collaboration avec Plan Canada, vise à rectifier les trois retards qui contribuent aux taux élevés de mortalité maternelle en Éthiopie. Alors que Plan Canada est bien placé pour travailler à l’échelle communautaire pour réduire le retard des patients à demander des soins, la SOGC et la SOGE mettent leur expertise à contribution pour améliorer la qualité des soins offerts dans les établissements de santé en offrant de la formation aux professionnels et aux administrateurs de la santé ainsi qu’en effectuant des visites de suivi et de soutien pour s’assurer que la formation est intégrée dans la pratique quotidienne.

Durant mon séjour en janvier, j’ai participé à la première ronde des visites de suivi et de soutien dans les centres de santé de Lalibela. J’ai pu observer dans quelle mesure tout le monde impliqué bénéficiait de ces visites. Les membres de la SOGC, qui agissent à titre de points de contact en soins obstétriques et néonatals d’urgence, ont découvert la manière dont les centres de santé fonctionnent dans les districts et ont pu mieux comprendre les défis que doivent surmonter les soignants de niveau intermédiaire lorsqu’il y a des complications durant la grossesse et l’accouchement. Les membres de la SOGE ont fait des recommandations pour améliorer les services fournis dans les centres de santé et ont insisté sur l’importance des pratiques éprouvées.

Les prestataires de soins de santé dans les centres de santé étaient également heureux d’avoir reçu la visite des représentants d’hôpitaux centraux dans leur établissement, notant que ces visites se sont rarement produites dans le passé. Les visites ont contribué à renforcer la formation qui leur avait été offerte et de consolider la relation entre l’hôpital et les centres de santé. Les membres de la SOGE ont encouragé les employés du centre de santé à les appeler en cas d’urgence et lorsqu’ils ont des questions d’ordre clinique. Les deux groupes ont également eu l’occasion de discuter de l’amélioration de la communication entre les établissements de santé des deux paliers différents et d’explorer des manières de renforcer les mécanismes de référence.

Le projet WATCH utilise une approche intégrée envers les programmes de santé maternelle et néonatale issus de la communauté ou des établissements. Il s’agit d’une stratégie complète visant à renforcer les systèmes de santé à l’échelle des districts, des sous-districts et des postes sanitaires afin d’améliorer les soins de santé sur l’ensemble du continuum de soins.

Le jeu pour enfants qui consiste à relier les points semble assez simple, mais dans le monde du développement, nous oublions parfois cette étape très importante. Ma dernière visite en Éthiopie m’a fait comprendre dans quelle mesure il est avantageux de réunir différents acteurs et de se pencher sur tous les points de contact au service de la femme enceinte dans l’ensemble du continuum de soins. La réduction d’un retard ou d’un obstacle n’est pas suffisante pour garantir la survie de la femme durant l’accouchement. Pour avoir un réel impact, nous devons travailler ensemble simultanément pour rectifier les trois retards.

Moya Crangle est sage-femme diplômée et gestionnaire de projet pour le Programme Santé mondiale de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC). Pour la rejoindre : [email protected].

Pour de plus amples renseignements sur le Programme Santé mondiale de la SOGC, veuillez visiter le http://sogc.org/fr/sante-mondiale/.

Publié:

juin 10, 2014


Auteur:

Moya Crangle


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