Mesurer l'impact et sauver des vies

Dre Jenn Brenner est pédiatre et professeure agrégée de clinique à l’école de médecine Cumming de l’Université de Calgary. Elle possède une grande expertise et expérience des programmes en matière de santé maternelle, néonatale et infantile conjugués à une passion pour la santé mondiale.

Depuis plus de vingt ans, elle est la responsable canadienne de nombreux projets d’implantation, de recherche et liés aux politiques en matière de santé et développement en Afrique de l’Est dans le cadre de partenariats universitaires internationaux, y compris Healthy Child Uganda (avec la Mbarara University of Science and Technology, à Mbarara, en Ouganda) et Mama na Mtoto (avec la Catholic University of Allied Health Sciences à Mwanza, en Tanzanie). 

Q1 : Comment avez-vous fait vos débuts dans ce domaine?

J’ai découvert les concepts du développement international et les perspectives de carrière dans le domaine lors de mes études de premier cycle. Durant ma formation en médecine et en pédiatrie, j’ai eu l’occasion de faire des stages sur le terrain où j’ai rencontré d’inspirants mentors du Canada et d’ailleurs qui m’ont amenée à considérer la santé dans une perspective « mondiale ». Je suis privilégiée d’avoir une carrière aussi intéressante qui m’amène à côtoyer des personnes fascinantes et motivées chaque jour. 

Il y a vingt ans, j’œuvrais en soins cliniques dans une unité de pédiatrie très occupée à Mbarara, en Ouganda. À l’époque, des enfants mouraient de maladies évitables chaque jour, une situation avec laquelle ma formation et mon expérience canadiennes me permettaient difficilement de composer. Un jour, une équipe de médecins de l’endroit (sous la direction de mon collègue visionnaire et actuel homologue, Dr Jerome Kabakyenga) m’ont fait part d’un projet pour lequel ils cherchaient du financement. Ils voulaient former des travailleuses et travailleurs en santé communautaire aptes à s’attaquer aux causes profondes de maladies chez les moins de cinq ans dans des villages à proximité. Ce projet fut le premier d’une longue série d’initiatives qui ont forgé le partenariat que nous connaissons aujourd’hui. 

Q2 : En quoi votre organisation et vous jouez un rôle de chef de file en santé des femmes et des enfants?  

Notre consortium canadien travaille en partenariat avec des universités et des districts en Afrique de l’Est (Mbarara, en Ouganda et Mwanza, en Tanzanie) à un éventail de projets et programmes en santé reproductive, des mères, des nouveau-nés et des enfants (SRMNE). Les partenaires locaux connaissent et comprennent bien leurs communautés et peuvent ainsi proposer des initiatives qui répondent aux enjeux prioritaires. Nous collaborons aux aspects techniques au besoin. Nos partenariats sont basés sur une évaluation transparente et continue; nous abordons la mise sur pied et en œuvre des programmes en SRMNE selon un prisme critique. Nous documentons ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, et partageons largement nos constats, expériences et meilleures pratiques pour éclairer les nouveaux programmes en SRMNE. 

Q3 : Qu’est-ce qui vous procure le plus de fierté dans votre travail?

Nous avons des équipes extraordinaires. Je suis privilégiée de travailler avec des personnes talentueuses, passionnées et efficaces, desquelles je ne cesse d’apprendre. En vingt ans, j’ai vu de nombreux chefs de file compétents émerger – dans des universités, communautés, établissements de santé et districts. J’aime travailler avec des équipes diversifiées qui se consacrent à la réalisation de résultats tangibles et de buts collectifs. En fin de compte, quand on travaille à améliorer la santé des femmes et des enfants, aucun défi n’est trop grand. 

J’aime aussi effectuer des visites sur le terrain. Les innovations et initiatives locales m’inspirent. Munis des outils nécessaires, les communautés et individus sont parfaitement en mesure de relever leurs propres défis en matière de santé. Le succès de Healthy Child Uganda et de Mama na Mtoto repose largement sur un solide réseau (7000 membres) de travailleuses et travailleurs en santé communautaire (TSC) bénévoles. Chaque rencontre avec l’un ou l’autre de ces bénévoles me réjouit immensément! Ces bénévoles sont d’extraordinaires ambassadeurs et agents de changement dans leur communauté. Et leurs activités ne se limitent pas à la formation et au soutien. Selon nos études de suivi, au moins quatre bénévoles sur cinq demeurent des chefs de file en santé et développement au sein de leur communauté des années après la fin du projet. 

Q4 : Selon vous, que doivent savoir les Canadiennes et Canadiens au sujet de la santé des femmes et des enfants dans le monde? 

Ces dernières décennies, il y a eu d’immenses progrès au chapitre de la survie des femmes et des enfants à l’échelle internationale. Le Canada continue de jouer un rôle essentiel dans les efforts mondiaux à ce titre. Ensemble, avec nos partenaires internationaux, nous pouvons au fil de la prochaine décennie accélérer les progrès et améliorer le taux de survie des femmes et des enfants. Qui plus est, les femmes et les enfants au Canada et dans les autres pays du monde ont beaucoup à gagner des investissements et de l’engagement du Canada en SMNE, surtout si ceux-ci prennent la forme de partenariats axés sur la réalisation de buts collectifs en SMNE. 

Q5 : Que doit faire le Canada pour soutenir la santé des femmes et des enfants? 

Le leadership du Canada est important – nous devons amplifier et renforcer les partenariats et faire valoir l’utilité des investissements en santé maternelle, néonatale et infantile. Pour réaliser les objectifs de développement durable (ODD) par les Nations Unies, il faut des programmes stratégiques et centrés sur les communautés et familles les plus difficiles à atteindre. C’est un immense défi qui nécessite un effort concerté des partenaires canadiens et internationaux.

Published:

mars 13, 2019


Auteur:

CanWaCH


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