C’est une joie et un privilège de participer à des rassemblements internationaux. C’est aussi une responsabilité : celle d’être réellement présente ou présent, de prendre part aux échanges et de contribuer aux discussions qui façonnent notre avenir commun.
Nous sommes deux consultantes en égalité des genres et, depuis notre participation à Women Deliver 2026 (WD2026) à Narrm (Melbourne), en Australie, nous réfléchissons à cette expérience et revenons sans cesse à la même question : qu’est-ce qui a réellement changé pour le mieux?
Bien que nous soyons membres de longue date du Groupe de travail sur l’égalité des genres du CanSFE, nous avons eu l’occasion de nous rencontrer en personne pour la première fois et de participer à une table ronde préconférence réunissant des leaders du Canada et d’ailleurs.
Voici cinq réflexions et constats qui ressortent de notre semaine à la conférence :
À bien des égards, les mêmes conversations qu’il y a trois ans se poursuivent encore aujourd’hui. Le langage évolue peut-être, mais les défis de fond demeurent. Il existe toujours un décalage entre les personnes qui accomplissent le travail sur le terrain et celles qui prennent les décisions en matière de financement et de priorités. Trop souvent, les personnes les plus proches des communautés ne participent pas à l’élaboration des stratégies qui les concernent directement.
Nous posons donc la question suivante : qui a réellement de l’influence et qui reste exclu des processus décisionnels?
Les personnes que nous avons rencontrées nous ont inspirées. Elles étaient réfléchies, engagées et profondément investies. Pourtant, plusieurs séances nous ont semblé lourdes. Les thèmes étaient cohérents, mais souvent répétitifs. Cela nous a amenées à nous poser la question suivante : comment passer collectivement de la parole aux actes?
Des questions sur le financement ont continué de nous habiter. Qui participe à ces discussions? Qui a accès aux espaces décisionnels? Dans un contexte de ressources limitées, ces questions prennent encore plus d’importance. De nombreux leaders locaux, acteurs du changement et organismes qui accomplissent un travail essentiel n’ont pas les moyens de participer à des rassemblements comme celui-ci.
Si nous voulons vraiment parvenir à l’équité, nous devons repenser non seulement les montants accordés, mais aussi les personnes qui décident de la répartition de ces ressources.
Ce changement exige aussi un regard critique sur nos propres pratiques. De quelles façons nos systèmes et nos partenariats contribuent-ils à maintenir les inégalités?
La décolonisation doit dépasser la rhétorique. Nous devons nous interroger sur les dynamiques de pouvoir. Quelles voix sont privilégiées? Nos partenariats servent-ils réellement les communautés que nous cherchons à soutenir? Il ne s’agit pas seulement d’améliorer les systèmes en place. Une question plus fondamentale se pose aussi : ces systèmes sont-ils réellement capables d’apporter le changement que nous attendons d’eux?
Comme nous le rappelle la féministe noire Audre Lorde, « les outils du maître ne détruiront jamais la maison du maître ». Cette réflexion demeure pertinente lorsque nos systèmes de financement et nos partenariats continuent de reproduire les mêmes dynamiques de pouvoir que nous cherchons à transformer. Ce n’est pas seulement ce que nous faisons qui compte, mais aussi la façon dont nous le faisons.
Un message est ressorti clairement : l’économie mondiale continue de s’appuyer sur le travail non rémunéré des femmes, en particulier de celles qui sont déjà confrontées à de multiples formes de marginalisation.
Une réelle fatigue se fait sentir dans ce travail. Une grande partie de la charge repose sur les personnes qui travaillent sur le terrain et qui, souvent, ne bénéficient pas d’un soutien suffisant. À l’échelle mondiale, les personnes qui portent les mouvements en faveur du bien-être et de l’équité sont confrontées à des systèmes qui évoluent lentement et qui, dans certains cas, contribuent activement au maintien du statu quo.
La question n’est pas de savoir si nous allons poursuivre le dialogue, mais si nous sommes prêtes et prêts à rééquilibrer les rapports de force de manière concrète et significative. Que faudrait-il pour passer du dialogue à des décisions qui reflètent la réalité des personnes les plus touchées?
Nous savons qu’un changement est nécessaire. Nous devons donc nous poser les questions suivantes :
Le changement que nous sommes plusieurs à souhaiter exige davantage que de simples avancées progressives. Il suppose de revoir la façon dont les décisions sont prises, dont le pouvoir est réparti (et qui le détient), dont les ressources sont distribuées, ainsi que nos façons de diriger. Cela nous laisse avec deux questions :
Comment pourrait-on concrètement se construire un avenir plus équitable? Et quel rôle avons-nous, individuellement et collectivement, à jouer pour y parvenir?

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Publié:
27 mai 2026
Auteur:
Par Alex Valoroso et Clare Szalay Timbo, membres du Groupe de travail sur l’égalité des genres du CanSFE
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