Vision pancanadienne pour un accès équitable à une bonne santé

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, nous avons posé une question à des membres de la Coalition pancanadienne pour la santé des femmes : À quoi ressemble un accès équitable à une bonne santé?

Voici ce qu’elles nous ont répondu :

Alliance contre la violence et l’adversité touchant la santé des femmes et des filles

Dre Nicole Letourneau, professeure, sciences infirmières et médecine, Université de Calgary

« Chaque personne a accès aux ressources nécessaires pour prendre soin de sa santé, et les personnes les plus à risque ou confrontées à un manque de ressources sont identifiées afin de recevoir un soutien. »

Pôle Grossesse en santé

Dre Anick Bérard, professeure, pharmacoépidémiologie périnatale, Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, Québec

« L’accès équitable signifie que chaque personne, quel que soit son niveau d’alphabétisation, son origine culturelle, sa langue ou son appartenance communautaire, dispose des outils et des connaissances nécessaires pour prendre des décisions éclairées en matière de santé, en partenariat avec ses prestataires de soins de santé. Cela signifie également que toutes les données probantes doivent être spécifiques et adaptées à chaque groupe de population. »

Pôle sur la santé périnatale des Inuites

Dre Patricia Johnston, Ph. D., M.S.S., B.S.Soc., B.A., professeure adjointe, Université de Calgary, Faculté des sciences sociales

« Pour les femmes inuites, l’accès équitable à une bonne santé signifie pouvoir recevoir, au sein de leur communauté d’origine, des soins sécuritaires, respectueux et culturellement adaptés, offerts dans leur langue et ancrés dans les réalités sociales et matérielles de la vie au Nunavut.

Il suppose également la reconnaissance des effets persistants des politiques, pratiques et systèmes coloniaux qui ont entraîné la séparation des familles, notamment les pensionnats, les sanatoriums et les interventions des organismes de protection de la jeunesse. Il tient aussi compte des obstacles systémiques tels que l’insécurité alimentaire, les difficultés d’accès au logement et le coût élevé de la vie, en les reconnaissant comme des enjeux de santé fondamentaux. Un accès équitable à des soins de qualité reconnaît enfin la force et le leadership des femmes inuites en soutenant la mise en place de services sociaux et de santé qui tiennent compte de leur réalité et des forces de leur communauté. »

Inuktitut :

ᐃᓄᐃᑦ ᐃᕐᓂᖅᑕᐅᓂᕐᒧᑦ ᐋᓐᓂᐊᓯᐅᖅᑎᓄᑦ ᑲᑎᒪᔨᖏᑦ

ᑭᐅᔭᐅᔪᑦ ᐅᑯᓄᖓ: ᐃᖢᐊᖅᓴᐃᔨ ᓘᒃᑖᖅ ᐸᑐᕆᓴ ᔮᓐᔅᑕᓐ ᐃᓕᓴᐃᔨᒧᑦ ᐃᑲᔪᖅᑎ, ᓯᓚᑦᑐᖅᓴᕐᕕᒡᔪᐊᖅ ᑭᐅᓕᒍᕆ, ᐃᓕᓴᕐᕕᒃ ᐃᓄᓕᕆᓂᕐᒧᑦ

ᐊᔾᔨᒌᒃᑯᑦ ᐱᖃᑦᑕᕐᓗᓂ ᐱᑦᑕᐅᔪᒥᒃ ᐋᓐᓂᐊᓯᐅᖅᑐᓄᑦ ᑕᐅᑦᑐᖃᖅᐸ?

“ᐊᔾᔨᒌᒃᑯᑦ ᐱᖃᑦᑕᕐᓗᓂ ᐱᑦᑕᐅᔪᒥᒃ ᐋᓐᓂᐊᓯᐅᖅᑎᓄᑦ ᐃᓄᐃᑦ ᑐᑭᖃᖅᑐᖅ ᐊᑦᑕᕐᓇᖅᑐᖃᙱᑦᑐᒥᒃ, ᐃᒃᐱᒍᓱᒡᕕᖃᖅᑐᒃᑯᑦ, ᐊᒻᒪᓗ ᐱᖅᖁᓯᒃᑯᑦ ᑲᒪᒋᔭᐅᓂᖅ ᒪᓂᒪᓗᓂ ᐊᖏᕐᕋᕆᔭᖏᓐᓂᑦ ᓄᓇᓕᖕᓂᑦ, ᐱᓕᕆᐊᖑᓗᑎᒃ ᐅᖃᐅᓯᖏᑦᑎᒍᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᐅᐸᓗᐊᓂᒃᑯᑦ ᐃᓅᖃᑎᒌᓂᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᐊᑐᖅᑕᐅᔪᓂᒃ ᓱᓕᔪᒃᑯᑦ ᐃᓅᓯᕐᒥᑦ ᓄᓇᕗᒻᒥᑦ. ᐃᓕᑕᖅᓯᔪᖅ ᐊᒃᑐᖅᓯᓂᖃᐃᓐᓇᖅᑐᓂᒃ ᐃᓂᓕᐅᕆᔪᓄᑦ ᐋᖅᕿᐅᒪᔪᓂᒃ, ᐊᑐᐊᒐᓂᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᐊᑐᖅᑕᐅᓲᓂᒃ ᖃᑕᙳᑎᒌᓂᑦ ᐊᕕᑎᑦᑎᓯᒪᔪᓂᒃ (ᓲᕐᓗ ᐃᓕᓐᓂᐊᕆᐊᖅᑎᑕᐅᓪᓗᑎᒃ ᐊᐅᓪᓚᖅᑎᑕᐅᔪᓂᑦ, ᐋᓐᓂᐊᖅᑐᓄᑦ ᐋᓐᓂᐊᓯᐅᕐᕖᑦ, ᓱᕈᓰᑦ ᑲᒪᒋᔭᐅᓂᖏᓐᓄᑦ ᐋᖅᕿᐅᒪᔪᑦ ᑕᒪᒃᑯᐊᕋᓗᐃᑦ), ᐊᒻᒪᓗ ᐱᑕᖃᐃᓐᓇᓲᑦ ᑐᓗᖅᑕᕈᑏᑦ ᓲᕐᓗ ᐃᒡᓗᕐᔪᐊᓂᑦ ᐊᖏᕐᕋᖃᕈᓐᓇᕐᓂᖅ ᐊᒻᒪᓗ ᓂᕿᖃᕈᖕᓇᕐᓂᖅ, ᐊᒻᒪᓗ ᐊᑭᑐᓗᐊᕐᓂᖓ ᐃᓅᓯᖃᕐᓂᕐᒧᑦ ᐋᓐᓂᐊᖃᖅᑕᐃᓕᒪᓂᕐᒧᑦ ᐱᔾᔪᑕᐅᔪᑦ. ᐊᔾᔨᒌᒃᑯᑦ ᐱᖃᑦᑕᕐᓗᓂ ᐱᑦᑕᐅᔪᒥᒃ ᐋᓐᓂᐊᓯᐅᖅᑎᓄᑦ ᑲᒪᒋᔭᐅᓂᕐᒥᑦ ᐅᐱᒍᓱᓐᓂᖃᕐᒥᔪᖅ ᓴᙱᓂᖏᓐᓂᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᐱᓇᓱᓐᓂᕆᔭᖏᓐᓂᑦ ᐃᓄᐃᑦ ᐊᕐᓇᐃᑦ ᐱᕈᐃᑎᑦᑎᓪᓗᑎᒃ ᐃᓅᖃᑎᒌᓄᑦ-ᐋᓐᓂᐊᓯᐅᖅᑎᓂᑦ ᑲᒪᒋᔭᐅᓂᕐᒧᑦ ᐊᑐᖅᓯᒪᓂᕆᔭᖏᓐᓂᑦ ᐃᓅᓯᖏᓐᓂᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᓄᓇᓕᒻᒧᑦ ᓴᙱᓂᕐᓂᑦ.”

Pôle ACTION

Dre Martha Paynter, professeure agrégée, Université du Nouveau-Brunswick; Dre Jessica Liauw, professeure adjointe, Université de la Colombie-Britannique

« L’élimination des injustices systémiques, la pleine autonomie reproductive et la capacité de vivre en communauté en toute sécurité. »

« Se sentir en sécurité et en mesure d’agir de façon autonome dans ses démarches de santé. »

Pôle GEM

Dre Isabelle Malhamé, médecin chercheuse en médecine obstétricale; professeure agrégée, Centre universitaire de santé McGill

« Un accès équitable à une bonne santé suppose de reconnaître et d’éliminer les obstacles structurels, systémiques et individuels au sein du système de santé, et de cocréer des solutions avec les personnes les plus touchées par la discrimination, les préjugés, le racisme ou leur mise à l’écart des priorités du système. Il vise à faire en sorte que toutes les personnes puissent s’orienter dans le système de santé, accéder à des services multidisciplinaires et les utiliser de manière éclairée pour soutenir leur parcours de santé. »

Pôle sur les soins liés au VIH axés sur les femmes

Dre Mona Loufty, spécialiste en recherche clinique, Women’s College Hospital Research and Innovation Institute; directrice, programme de recherche sur le VIH et la santé des femmes; professeure, Université de Toronto

« Notre vision d’un accès équitable à une bonne santé est que toutes les femmes, les personnes bispirituelles et les personnes de diverses identités de genre vivant avec le VIH puissent atteindre un état de santé optimal et réaliser pleinement leur potentiel. Nous considérerons que cet objectif est atteint lorsque les déterminants sociaux et identitaires, notamment le statut socioéconomique, la stabilité résidentielle, la sécurité alimentaire, la race, l’origine ethnique, le statut d’immigration et le lieu de résidence, seront pris en compte de manière concrète dans l’organisation des soins, afin de créer des possibilités en matière de santé plutôt que d’accentuer les inégalités.

Dans cette perspective, une approche axée sur la personne et tenant compte des traumatismes et à la violence, respectueuse des réalités culturelles, permet aux patientes et aux personnes concernées d’accéder plus facilement aux ressources et aux spécialistes qui peuvent les accompagner dans leur parcours de santé, par exemple par des programmes d’accompagnement à la parentalité ou du soutien par les pairs. Cette vision s’inscrit dans celle du pôle WCHC, un réseau féministe engagé dans la lutte contre la misogynie, le patriarcat et les héritages du colonialisme, afin de soutenir les femmes, les personnes de diverses identités de genre et les personnes bispirituelles vivant avec le VIH par des soins adaptés au genre, la mobilisation des connaissances et l’apprentissage collectif. »

Pôle SHAPE

Dre Lori Brotto, directrice, UBC Sexual Health Laboratory; titulaire de la Chaire de recherche du Canada en santé sexuelle des femmes; professeure, département d’obstétrique et de gynécologie, Université de la Colombie-Britannique; directrice générale, Women’s Health Research Institute

« L’accès équitable à une bonne santé commence par reconnaître que la notion de “bonne santé” peut varier d’une personne à l’autre. La manière dont chacun et chacune conçoit la santé est influencée par des facteurs personnels, sociaux, culturels, politiques, spirituels et familiaux. Une approche axée sur l’équité doit donc être centrée sur la personne et favoriser un dialogue constructif entre la patientèle, les prestataires de soins et les équipes de recherche. Les soins qui tiennent compte des traumatismes sont essentiels à cette démarche, car ils favorisent une compréhension globale de la santé et du bien-être qui reflète le vécu de chaque personne.

L’accès équitable suppose également de reconnaître que la santé est influencée par des déterminants sociaux et structurels, et que les systèmes dans lesquels nous évoluons sont marqués par des inégalités sociales et structurelles. Cette prise de conscience permet de mieux comprendre les causes profondes des inégalités d’accès aux soins et de favoriser des transformations systémiques en amont. Envisager l’accès équitable comme une responsabilité collective contribue aussi à alléger le poids qui repose sur les individus et à promouvoir un modèle relationnel de soins axé sur le soutien communautaire, la prise de décision partagée et un espace où toutes les voix comptent.

Au pôle SHAPE, nous cherchons à améliorer l’accès aux soins et les résultats en matière de santé des femmes et des personnes de diverses identités de genre vivant avec des troubles sexuels et des douleurs génito-pelviennes. Dans notre démarche, l’accès équitable à une bonne santé passe d’abord par une recherche accessible, inclusive et axée sur les perspectives de personnes issues de groupes marginalisés et touchés par des inégalités systémiques. Nous investissons également dans la formation de la relève en recherche sur la santé des femmes afin de faire progresser l’égalité des genres dans les pratiques de recherche et de soins de santé. »

Publié:

8 mars 2026


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