Délégation du CanSFE à la CSW69 : cinq questions à Marie Jobin-Gélinas

La CSW69, le plus grand rassemblement mondial annuel consacré à l’égalité des genres et au renforcement du pouvoir des femmes, a réuni des gouvernements, des organisations de la société civile, des expert·es et des militant·es du 10 au 21 mars dernier. Le CanSFE a eu le privilège d’y participer et de permettre à des jeunes et à des représentant·es d’organisations membres d’en faire autant. Les entrevues qui suivent font partie d’une série de conversations avec des membres de la délégation du CanSFE. Découvrez tous les témoignages de la délégation sur Écrire pour prospérer.

Pourquoi souhaitiez-vous participer à la CSW69? Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire partie de la délégation du CanSFE?

Les objectifs de la CSW69 référaient à des enjeux pressants auxquels je dois faire face quotidiennement, que ce soit la sensibilisation de la classe dirigeante aux enjeux de santé qui affectent les femmes et les adolescentes ou encore l’autonomisation des femmes. Ma participation était donc une occasion unique de renouveler et de pousser plus loin mes connaissances en la matière et de créer des réseaux auprès d’autres organisations qui œuvrent également dans le domaine de la santé, et plus particulièrement la santé sexuelle et reproductive. Puisque je travaille pour l’Unité de santé internationale – Université de Montréal, les données probantes sont au cœur de mon travail et il était intéressant d’en apprendre davantage sur des recherches action participatives qui ont été présentées lors du congrès. 

Y a-t-il un moment pendant la CSW69 qui a changé votre perspective sur une question? Avez-vous entendu des propos qui ont bousculé vos idées ou qui vous ont amené à revoir votre position?

Bien que, dans mon travail, je sois sensibilisée aux déterminants sociaux de la santé, j’ai été positivement surprise que plusieurs interventions soulignaient leur importance afin d’atteindre l’égalité. Par exemple, lors d’un évènement sur la santé mentale et le bien-être, une intervenante a souligné que, même si les séances de psychothérapie sont essentielles pour les personnes vivant sans domicile fixe, la plus grande source de réassurance demeure tout de même d’être en mesure de se loger convenablement. Les actions sociales et économiques qui vont au-delà de la santé mentale sont donc aussi, sinon plus importantes, que les interventions en santé. Le fait que la promotion de la santé soit toujours insuffisamment financée affecte les personnes les plus vulnérables, dont les femmes vivant à l’intersection de plusieurs identités et subissant des formes multiples d’oppression. Cette intervention très concrète m’a rassurée quant à la faisabilité de l’inclusion des déterminants sociaux de la santé dans les politiques publiques et confirme que c’est dans cette voie que nous devons poursuivre nos efforts collectifs. 

Si vous deviez décrire la CSW69 en trois mots, quels seraient-ils?

Découverte, passion et persévérance 

Comment avez-vous choisi les événements et les activités qui seraient les plus utiles ou pertinents?

Malheureusement, la programmation n’était pas claire et nous devions compter sur les autres membres de la délégation pour être informé.e.s des évènements. Il y avait plusieurs sources d’information et les évènements étaient dispersés dans plusieurs édifices, il fallait parfois donc se dépêcher à partir plus tôt d’un évènement pour se rendre à un autre avant qu’il soit plein. Cependant, de manière générale, j’ai assisté à des évènements en lien avec les thématiques et les pays d’intervention de mon organisation d’attache : SDSR, Haïti, MGF/E, recherches-action, résilience des systèmes de santé, etc. Ce fut aussi une belle opportunité d’en apprendre davantage sur des enjeux qui me soient moins familiers comme l’intersection des enjeux de genre et de développement durable chez les femmes d’Asie du Sud. 

En quoi ces types de rassemblements mondiaux sont-ils importants?

Cet évènement fut l’occasion d’apprendre des meilleures pratiques mises de l’avant par des ONGs dédiées à l’égalité de genre. Bien que le climat mondial actuel ait teinté l’ensemble des discussions, il reste que de évènements de ce type permettent de tisser des liens solides entres les organisations de défense des droits des femmes et des personnes de la diversité sexuelle et de genre et de développer de nouvelles approches innovantes permettant de rejoindre les personnes les plus vulnérables, particulièrement les femmes et adolescentes. La CSW permet de mettre à l’agenda mondial des enjeux urgents qui sont parfois sous-financés ou négligés par les États membres. 

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Publié:

15 mai 2025


Auteur:

Marie Jobin-Gélinas


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