Délégation du CanSFE à la CSW69 : cinq questions à Christina Ricci

La CSW69, le plus grand rassemblement mondial annuel consacré à l’égalité des genres et au renforcement du pouvoir des femmes, a réuni des gouvernements, des organisations de la société civile, des expert·es et des militant·es du 10 au 21 mars dernier. Le CanSFE a eu le privilège d’y participer et de permettre à des jeunes et à des représentant·es d’organisations membres d’en faire autant. Les entrevues qui suivent font partie d’une série de conversations avec des membres de la délégation du CanSFE. Découvrez tous les témoignages de la délégation sur Écrire pour prospérer.

Si vous deviez décrire la CSW69 en trois mots, quels seraient-ils?

  • Intersectionnelle.
  • Tournée vers l’avenir.
  • Intentionnelle.

Pourquoi souhaitiez-vous participer à la CSW69? Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire partie de la délégation du CanSFE?

Participer à la CSW69 a été une occasion unique de prendre part à des discussions mondiales sur l’égalité des genres à un moment charnière : le 30e anniversaire de la Déclaration de Pékin. Je m’intéresse particulièrement à l’influence des données sur les politiques et la mise en œuvre de ces engagements pris depuis des décennies. La délégation du CanSFE a retenu mon attention en raison de l’accent qu’elle met sur la santé des femmes et des enfants dans le cadre du développement international. 

J’ai apprécié l’occasion d’apprendre auprès d’organisations canadiennes qui travaillent à cette intersection, tout en créant des liens avec un réseau diversifié de militant·es du monde entier. La délégation offrait une structure propice pour entrer en contact avec des parties prenantes canadiennes et internationales œuvrant dans les domaines de la santé des femmes, des droits des peuples autochtones et du développement. Je voulais mieux comprendre le lien entre les engagements internationaux et leur mise en œuvre à l’échelle nationale, en particulier pour les femmes autochtones au Canada. La CSW69 a été une précieuse occasion d’explorer comment des approches fondées sur les données peuvent soutenir la concrétisation des engagements pris dans le Programme d’action de Pékin.

S’il y avait une citation entendue lors d’un panel ou d’une séance que vous pourriez apposer sur votre ordinateur ou votre téléphone, laquelle choisiriez-vous?

« Quand on recueille des données sur le genre, il ne s’agit pas seulement de compter les femmes, mais de faire en sorte que les femmes comptent. »

Y a-t-il un moment pendant la CSW69 qui a changé votre perspective sur une question?

Lors d’un atelier pratique sur la visualisation des données, on nous a montré comment les résultats peuvent varier considérablement selon qu’on interroge les femmes individuellement ou dans le cadre d’enquêtes auprès des ménages. Cette réflexion méthodologique a vraiment mis en évidence l’importance des choix en matière de collecte de données. En tant qu’épidémiologiste, je connaissais déjà l’existence de ces biais, mais voir ces différences représentées visuellement m’a offert une tout autre perspective sur la façon dont on mesure les résultats en santé. Un autre exemple marquant : les femmes représentent seulement 22 % des personnes qui participent aux études sur la maladie d’Alzheimer, alors qu’elles constituent les deux tiers des personnes touchées. Ces exemples illustrent concrètement l’impact des méthodes épidémiologiques sur la production des données probantes qui orientent les programmes. Cela m’a fait comprendre que les choix méthodologiques ne sont pas de simples détails techniques : ils influencent directement la répartition des ressources et les personnes qui bénéficient vraiment des programmes de santé.

Avez-vous rencontré des difficultés pendant la CSW69?

Les déplacements ont présenté plusieurs défis logistiques qui ont exigé une organisation rigoureuse. Le grand nombre de séances simultanées — des panels sur la technologie et l’IA aux discussions sur les droits des femmes autochtones, en passant par les ateliers sur les données — nous obligeait à faire des choix difficiles quant aux discussions prioritaires. Les événements étaient répartis un peu partout en ville, et les séances les plus populaires affichaient rapidement complet, ce qui compliquait encore davantage l’accès aux échanges les plus attendus. Au-delà de ces défis logistiques, j’ai remarqué une tendance récurrente dans plusieurs présentations : les intervenant·es formulaient clairement des recommandations pour faire progresser l’égalité des genres et la santé des femmes, mais il manquait souvent des pistes concrètes pour passer à l’action. J’ai souvent entendu des appels à l’action percutants, mais ils étaient trop souvent suivis de mesures concrètes limitées sur la façon dont les professionnel·les pouvaient les mettre en œuvre. Cela créait parfois un décalage entre des objectifs ambitieux et les moyens réels pour les atteindre. Malgré ces défis, la conférence était bien structurée sur le plan de l’accessibilité et a réussi à mettre en avant des voix diversifiées, notamment celles des personnes directement concernées par les enjeux abordés. Si je devais y participer de nouveau, je me sentirais maintenant mieux outillée pour gérer tous ces éléments.

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Publié:

15 mai 2025


Auteur:

Christina Ricci


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