Quand j’ai fondé le Canadian Advisory of Women Immigrants (CAWI), il ne s’agissait pas uniquement de créer un organisme communautaire, mais aussi de bâtir un réseau de soutien dont j’avais toujours rêvé de faire partie. Aujourd’hui, le CAWI est dirigé par de jeunes personnes à travers le Canada, aux parcours et aux expériences variés, ce qui confère une perspective profondément unique au travail que nous accomplissons. Même si le fait d’être une organisation nationale dirigée à distance par des jeunes comporte certains défis, ce mode de fonctionnement nous a aussi permis de rejoindre et de soutenir des femmes et des filles immigrantes aux quatre coins du pays. La technologie est le lien qui rend tout cela possible : elle nous permet de collaborer d’une province à l’autre, de donner de l’écho à des voix trop souvent marginalisées et de bâtir ensemble des changements porteurs, malgré la distance.
Par l’utilisation des technologies et d’internet, notre équipe est parvenue à créer et à mettre en œuvre des programmes de mentorat à l’échelle nationale, une campagne consacrée à la santé et aux droits sexuels et reproductifs (SDSR), de même que des événements virtuels pour souligner des occasions importantes, dont la Journée internationale des droits des femmes en mars.
Bien que la technologie et les médias sociaux aient joué un rôle déterminant dans notre travail, cela nous a aussi amené·e·s à nous poser la question suivante : « Qui risquons-nous d’exclure en nous appuyant uniquement sur la technologie? ». Cette question a façonné notre façon d’aborder nos initiatives. Nous continuons de miser sur les plateformes numériques pour toucher un vaste public, mais nous accordons également la priorité à l’accessibilité, à la pertinence culturelle et à l’inclusion linguistique. Par exemple, notre trousse éducative sur la SDSR est traduite en plusieurs langues et diffusée à la fois par voie numérique et par l’entremise de réseaux communautaires. De plus, lorsque cela s’y prête, nous collaborons avec des organisations locales et des leaders communautaires afin que nos initiatives rejoignent les personnes là où elles se trouvent – pas seulement dans l’espace virtuel, mais aussi dans leurs espaces physiques et leurs réalités quotidiennes.
Cette Journée internationale de la jeunesse est une occasion pour moi de me rappeler que les jeunes ne sont pas seulement l’avenir, mais aussi le présent. Chez CAWI, nous voyons chaque jour comment les jeunes, en particulier ceux et celles d’origine immigrante ou réfugiée, portent des initiatives transformatrices. Nous créons des ponts entre les frontières et remettons en question des systèmes qui n’ont jamais été conçus pour nous, tout en évoluant dans un monde façonné de part en part par la technologie.
Bio
Hani Rukh-E-Qamar est fondatrice et directrice générale du Canadian Advisory of Women Immigrants (CAWI), une initiative communautaire consacrée à l’avancement des femmes immigrantes. Elle détient un baccalauréat en psychologie, une maîtrise en épidémiologie et un certificat d’études supérieures en sciences biomédicales translationnelles de l’Université McGill, où elle a également pris part à la Coupe Dobson et au Health Tech Innovation Lab en partenariat avec la Mayo Clinic. Cette année, Hani poursuit ses études en médecine à l’Université de la Saskatchewan, à Saskatoon. Passionnée par la santé et les droits sexuels et reproductifs (SDSR), elle a notamment été coprésidente du Groupe de travail jeunesse du CanSFE, conseillère jeunesse pour l’évaluation de l’UNICEF et membre du Comité des politiques, stratégies et investissements de la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF). Hani possède de nombreuses années d’expérience en recherche qualitative et quantitative sur la santé. Son travail porte notamment sur l’accès aux soins de santé, la santé mentale des jeunes, la santé numérique, l’éducation à la santé et les technologies au point d’intervention. Hani a eu le privilège de représenter le Canada dans des tribunes internationales, comme la Commission de la population et du développement et le Forum des jeunes de l’ECOSOC.
Publié:
12 août 2025
Auteur:
Hani Rukh-E-Qamar
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